PEACE
17 avril 2022 Par Laurence Pouzet

Ce que les Accords Toltèques peuvent nous apporter

J’ai découvert il y a quelques mois ce best-seller du développement personnel : Les Quatre Accords Toltèques* de Don Miguel RUIZ. Sans prendre pour argent comptant ce qui peut s’apparenter à une philosophie (l’approche ésotérique m’échappe un peu), j’y ai trouvé des points de vue qu’il me semble intéressant de partager, pour voir ce que les Accords Toltèques peuvent nous apporter dans notre relation à l’Autre. Pour améliorer sa communication interpersonnelle et renforcer son estime de soi.

Depuis des millénaires, nous forgeons ce que nous sommes en apprenant de ceux qui nous précèdent. Ceux-ci nous inculquent la façon de nous comporter, que croire et ne pas croire. Don Miguel Ruiz appelle cela le « processus de domestication des humains ». Et son constat est sans appel : nous apprenons principalement à juger. Nous nous jugeons nous-mêmes, nous jugeons les autres et s’établissent ainsi les règles de vie en société. Lorsque nous les respectons, nous sommes récompensés, gratifiés, et à chaque fois que nous les enfreignons, nous sommes punis. Les adultes nous disent « Tu es un gentil garçon » ou « Tu es une méchante fille », et, durant toute notre enfance, nous nous façonnons une posture qui consiste à faire plaisir à Papa et à Maman, à satisfaire aux exigences du maître d’école. Il en sera de même plus tard avec nos proches ou notre manager…

Nous apprenons progressivement à jouer un rôle de peur d’être punis, voire rejetés. Nous nous flagellons lorsque nous ne respectons pas les règles que nous avons inscrites dans notre propre système de croyances. « Celui-ci est comme un livre de la loi qui dirige notre esprit », écrit Miguel Ruiz, « une part de nous-mêmes est le juge et l’autre la victime, celle qui subit les réprimandes, la culpabilité et la peur. »

Et en parallèle, nous ressentons un certain sentiment de sécurité en étant conformes à nos règles implicites. Voilà pourquoi il est si difficile de se remettre en question. Don Ruiz écrit : « Ce qui suscite la plus grande crainte, c’est d’être simplement soi-même. » Ainsi, nous nous efforçons de plaire à ceux qui nous aiment, nous nous construisons une image de perfection à laquelle il est impossible d’être fidèles. Nous ne nous pardonnons pas de ne pas être tel.les.s que nous le souhaitons, ou plutôt tel.le.s que nous croyons devoir être. C’est sans fin ! Jusqu’à accepter parfois qu’on nous maltraite, car on est incapable de se respecter et de s’accepter nous-mêmes…

Cela vous parle ? Pour ma part, j’ai connu les dérives de la mésestime de soi et suis très à l’écoute de ce qui peut concourir à mon développement personnel et à celui de mes mentoré.es !

Les quatre Accords Toltèques, tels que nous les transmet DM. Ruiz, peuvent nous être utiles.

1/ « Que votre parole soit impeccable. »

Le premier des accords toltèques est, selon Ruiz, le plus difficile à adopter mais aussi le plus important. Parler, c’est manifester une intention. Avoir une parole impeccable signifierait ne rien dire (ou faire) contre soi-même ou contre autrui, ne pas juger, ne pas critiquer, ne pas médire. « Servez-vous de la parole de façon appropriée, utilisez-la pour partager votre amour. » Cela peut sembler un peu utopique et illusoire. Il n’empêche que si chacun faisait de même, la vie serait plus douce.
À nous de faire bon usage de notre liberté et de notre pouvoir d’expression.

2/ « Ne pas en faire une affaire personnelle. »

Trop souvent, nous nous sentons impactés, voire blessés par ce que les gens disent et les opinions qu’ils émettent. Selon Ruiz, ce que pense ou ressent notre interlocuteur est « son problème », pas le nôtre. Sa façon de voir le monde ne doit pas nous toucher personnellement. D’autres auront une opinion différente et chaque cadre de référence sera différent du nôtre. Nous mettons un point d’honneur à défendre nos propres croyances, or elles ne sont pas nécessairement vraies, si ce n’est pour nous et notre « livre de la loi ». Je trouve intéressante, entre autres, l’idée que la colère n’est que l’expression des propres peurs de mon interlocuteur, ou d’une colère autre, plus profonde, qui ne me concerne pas directement. Nous sommes le catalyseur des émotions, mais pas le destinataire, et encore moins le responsable !
Sachons prendre du recul et mettre de côté notre ego.

3/ « Ne pas faire de suppositions. »

Nous avons tendance à faire des suppositions et à croire qu’elles sont la vérité. Nous extrapolons à propos de nous-mêmes, par exemple lorsque notre petite voix intérieure nous dit : « Je ne suis pas capable… » Nous faisons aussi des suppositions à propos de la façon d’agir d’autrui, nous l’interprétons de travers et, pour couronner le tout, nous en faisons une affaire personnelle ! Pourquoi ne pas demander des explications plutôt que de prêter des intentions à autrui ? Et pourquoi ne pas demander ce dont nous avons besoin ? Ruiz cite un exemple que nous avons tous vécu : nous supposons que notre partenaire (dans la vie ou au travail) sait ce que nous voulons, nous croyons ne pas avoir à le lui dire, nous pensons qu’il va faire ce que nous désirons parce qu’il nous connaît bien… Et s’il ne le fait pas, nous nous sentons blessés et le lui reprochons. Ce troisième volet des accords toltèques nous invite à opter pour une communication interpersonnelle claire, à vérifier que l’on comprend bien ce que l’on nous dit et vice versa, et surtout à avoir le courage de poser des questions sans craindre la réponse.
Et si l’on s’autorisait à dire et entendre la vérité ?

4/ « Faites toujours de votre mieux. »

Le dernier accord nous propose, ni plus ni moins, de donner le meilleur de nous-mêmes. Ce qui ne veut pas dire être LE meilleur. Il n’est pas nécessaire d’en faire trop. Il s’agit là d’en finir avec notre ego ! Faire de son mieux, c’est aussi faire ce dont on a envie, ce qui nous semble bien. Ruiz écrit : « Lorsque vous faites de votre mieux, vous ne laissez aucune chance à votre jugement intérieur de vous culpabiliser ou de vous critiquer. » Cet accord nous invite à entrer dans l’action avec confiance. En ayant conscience que les trois premiers accords ne porteront leurs fruits que si l’on fait de notre mieux pour les appliquer.
Voilà une chance de s’accepter comme on est, de se donner le droit à l’erreur.

« Vous avez la permission d’être heureux et de jouir pleinement de votre vie. Imaginez que votre existence est libre de tout conflit avec vous-mêmes et avec autrui, imaginez vivre sans craindre d’exprimer vos rêves… Vous savez ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas. Vous êtes libres de changer votre vie. »

*Miguel Ruiz Les quatre accords toltèques. La voie de la liberté personnelle. 8 janvier 2016, Essai (Poche).

Les Toltèques ont rayonné entre 900 et 1200. Ils ont inspiré les Mayas et fasciné les Aztèques. Leur nom en langue nahuatl signifie « maîtres bâtisseurs ». Ils ont développé leur culture autour de Tula, leur capitale, édifiée au nord de l’actuelle ville de Mexico. 

Si vous êtes intéressés par l’utilisation de cette approche dans vos relations professionnelles, je vous invite à lire cet article : La cohésion d’équipe par les accords toltèques, de Thierry Pacaud.